Membrane

Pourrure et Désolations I, texte 1

Le monde est une membrane.
Une cellule, un ventre.
Et sa plus grande admiratrice est un astre mort.
En permanence, il ingère et recrache la vie et la mort par millions de gueules perdues sur des radeaux de fragments qui errent par essaims de pompes suceuses et vibrantes de leurs grasses matières sur laquelle nous dansons et glissons pour éparpiller les huiles bactériennes qui chantent l’exploitation totale de nos corps abandonnés durant les éruptions et engloutissements dévorant sans cesse les vies étendues dans les charognes dont les échos de chants de guerre sacrés traversent encore les vallées noyées sous les ruines encore fumantes des temples, dans lesquelles la morale dispersée en orgies liquides, manifestent leurs désirs kidnappés dans des trous de ver qui ont fait de l’impuissance un festin dans lequel des corps boueux de la terre noire, se grimpent dessus pour enfin atteindre le sommet des montagnes : Ces grandes dents crayeuses qui charrient l’air soulevé depuis les gouffres dans lesquels grondent des tambours ineptes composés en os et en peaux décomposées des damnés à qui on refuse toute autorisation de s’endormir ils cognent, et cognent et cognent encore. Qu’elle crève la membrane !
Sous les applaudissements de l’astre mort.
Ouvrez le ventre, que les monstres surgissent.
Il est temps pour eux de manger, de danser, de griffer.
Entaille dans le voile noir en expansion.
Ils n’en sortiront jamais.
Il n’y a que des masses infinies, des lourdeurs infinies.
Qui écrasent la lumière, la compressent, la réduisent.
Quelle joie.

Publié par monsieurweso

Poète et Artiste, je mène une pratique pluridisciplinaire depuis une quinzaine d'années et me passionne pour l'Histoire de l'Art depuis plus longtemps encore. Le dessin et l'écriture sont mes pratiques premières, mais la gravure est la discipline majeure de mon travail.

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