Le ravage des dagues

Pourrure et Désolations I, texte 3

Le Ravage des dagues

Moi seul peux comprendre les raclements de mes rêveries
Les cris de sorcières tordues d’effroi et de ferveur
Qui m’annoncent et m’ordonnent, de doucement crever
Moi seul vogue chaque nuit d’épreuves en épreuves
Du clown insaisissable, des tarés qui s’entretuent
Et des soldats rasant tout ce qu’ils voient au lance-flammes.

Moi, seul, je hurle de terreur sans pouvoir m’éveiller
Faisant à chaque fois l’erreur de confondre au matin
L’enfer de mes nuits avec l’autre qui me fatigue
Qui a vu Sid Vicious lui gueuler de faire gaffe ?
Grimpant sur les autos d’une rue qui bouillonnait
Qui a senti ses proches tenter de le supprimer ?

Moi seul entends la cloche qui appelle les zombies
Qui voit son ancien amour se changer en félin
Pour se moquer de lui en le lacérant sans fin.
Moi seul face au chemin que je refais sans cesse
Et qui perds à chaque fois, un peu plus de verdure
Pour que le gris putain des machines, détruise tout

Qui peut savoir pourquoi je ne me lève plus
Que pour pisser tremblant des aventures précédées
Et espérer que le Réel n’est pas juste pour les mous.
Et que derrière chaque bruit ne se cache pas une dague.
Qui pourrait m’ouvrir pour qu’une bouche d’enfer.
Avale ma connerie comme un trou noir le soleil.

Et que plus rien ne brille si ce n’est l’auréole.
D’une fumée de bombe supplantant l’humanité.
Pour ravager le jour, la nuit et même les rêves.
Pour que plus rien ne dorme sans rebondir avant.
Sur la terre noircie d’horreur s’amassant éternellement.
Au nom du démonde dont j’annonce la venue.

Ramper sera à la mode et les ongles seront sales.
Et les chants seront murmures et le pain disparu
Séchera les ventres et fera saigner les gencives
Et les plus belles périront les premières.
Et ceux qui se mettaient en avant seront fusillés.
Et ceux qui mangeaient par terre seront les nouveaux guides.
Et les enfants violeront avant de savoir lire.
Et les ancêtres pleureront éternellement d’être oubliés
Et les fantômes seront les soldats d’une armée morte
Qui, sans chef avancera au gré des corbeaux.
Et les pendus seront sauvés par leurs actes de courage.
Et Marche-la-Mort dominera les insectes.
Et la terre noire dînera de nouveau.
Et la torture sera la musique des rois.
Et les anciens tomberont avant d’avoir transmis
Et les hommes se transformeront en chien hagards
Et les femmes saigneront sans s’arrêter
Et la jeunesse sera du passé.
Et la terre sera dépecée jusqu’à la roche
Et la mer rongera comme l’acide fait fondre
Et les bombes seront les prêtres des autres.
Qui remplaceront la vie par les monuments
Qui s’abîmeront et s’effondreront sur eux-mêmes
Et se recomposeront à chaque révolution solaire
Qui dévisagera la lune devenue putain orbitale
Avant d’être dévorée par l’accroissement du démonde.
Et plus jamais je ne rêverai, plus jamais je n’aurai besoin
Quand les croix tomberont des cieux pour se figer inversées.

Publié par monsieurweso

Poète et Artiste, je mène une pratique pluridisciplinaire depuis une quinzaine d'années et me passionne pour l'Histoire de l'Art depuis plus longtemps encore. Le dessin et l'écriture sont mes pratiques premières, mais la gravure est la discipline majeure de mon travail.

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