Pourrure et Désolations I, texte 12
Je suis, ça y est, je suis.
Je suis sorti, ça y est, je suis.
Je suis fait de poussière, ça y est, sorti.
Sorti de l’œuf et du sang, lavé, mais gris.
Gris de poussière pourtant, ça y est, je suis fait.
Je suis de poussière, ça y est, et de sang.
J’ai la peau sale, ça y est, de suie.
De suie et de sang, ça y est, je suis.
Je suis le Diable bleu, ça y est, sorti.
Sorti du monde des dieux, ça y est, en poussière.
Mais je suis sale et gris, ça y est, je lave.
Je lave et je perçois, ça y est, la peau.
Ça atténue le bleu, ça y est, je monde.
Je monde par terre en feu, ça y est, je suis.
Je suis sang et poussière, ça y est, par terre.
Je perçois le monde, ça y est, je marche.
MarchastropheAntemonde, ça y est, le sang.
Ça y est la poussière bouge, je marche, je suis.
Je suis fait pour marcher, percevoir, ça y est.
Je sors de la poussière, ça y est, le monde.
Ça y est partout Pourrure, je marche, pourtant.
J’oublie que je suis bleu, ça y est, je suis.
Je suis sang et poussière, ça y est, en marche !
Je marche et je deviens, ça y est, un homme.
Un homme à la peau bleu, ça y est, je suis.
Je suis venu chercher, ça y est, ma mission.
Ma mission par terre, ça y est, sorti.
Je suis mandaté par, ça y est, j’oublie.
J’ai su et je ne sais plus, ça y est, j’ai mal.
La terre est rouge et tous chantent, ça y est, je suis.
Je suis venu pour eux, ça y est, j’apprends.
J’apprends des oiseaux tonnerres, ça y est, dedans.
Dedans les esprits respirent, ça y est, j’entends.
J’entends et l’on m’annonce le pire, ça y est, la fin.
La fin qu’embrasse la Pourrure, ça y est, je cible.
Je cible le mal empourruré, ça y est, je marche.
Je marche et les chants me suivent, ça y est, en marche !
En marche les pieds de la terre rouge, ça y est, ça craque.
Ça craque et les poteaux tremblent, ça y est, ça danse.
Ça danse pour le soleil en masse, ça y est, retour !
Retour à ceux qui savaient tout, ça y est, j’avance.
J’avance au milieu des coquillages, ça y est, des montres.
Ça sort de dans les coquillages, ça y est, ça prend.
Ça prend et ça emporte en nombre, ça y est, coquillage.
Coquillages grouillant de monstres, ça y est, éveil !
Eveil des grouillants des coquillages, ça y est, ça crie.
Les hurlements accompagnent les chants, ça y est, en peste !
Dies Irae en porte peste, ça y est, flagellants !
Flagellants marchent en cadence, ça y est, en marche !
La peste est dans la Pourrure, ça y est, je vois.
Je vois et ils voient la Pourrure, ça y est, c’est là !
Ça y est, les tambours tonnent et les guerriers renaissent !
Ça y est, les cors grondent et les mammouths se meuvent en nuées de mouches !
Ça y est, il est temps pour les nouveaux drapeaux !
Ça y est, les rois sortent des corbeaux !
Ça y est, les tombes sont trempées de sueur !
Ça y est, les gencives s’assèchent !
Ça y est, les images sont mortes dans la peur !
Ça y est, les os apparaissent !
Ça y est, les cons ne rient plus et la caravane s’arrête !
Ça y est; le burin rouge tape aux portes des impies !
Ça y est, Bam ! Bam ! Bam ! Bam ! Bam !
Ça y est, Bam ! Babam ! Babababam !!
Ça y est, les cerveaux n’ont jamais été aussi indisponibles !
Ça y est, les cortèges noirs font trembler les effigies !
Ça y est, les idoles brûlent et les drapés d’étoiles moisissent !
Ça y est, tréponèmes pâles et serpents cauchemardent le bordel !
Ça y est, dans la Pourrure on s’organise à balles réelles !
Ça y est, les agents sont à l’écoute des parasites !
Ça y est, le parasite se fait occuper lui-même !
Ça y est, le parasite a faim et se déclare cannibale !
Ça y est, les fous ne sont plus fous et les pas fous le redoutent
Ça y est, les fous vont prendre le pouvoir pour empêcher les fous.
Ça y est, c’est fou comme tout arrive !
Ça y est, tout arrive.
Ça y est, ça arrive !
Ça y est, ça arrive !
J’arrive, ça y est, j’arrive.
J’arrive, ça y est, attends-moi.
J’arrive ça y est, je n’attends plus.
J’arrive ça y est, tu es là.
J’arrive ça y est, la mort.