La Mort est belle

Pourrure et Désolations II, texte 3

Les murs du dépôt gris sont froids.
Une rangée de gueules pleure la vie qui se pétrifie.
Plus loin, le tac tac bruitiste des monstres chante la joie et soulève la terre.
Un homme surveille, attend; ses yeux se perdent dans le regards des corps qui s’éteignent.
Les yeux râlent de toutes parts avant de se fermer une fois pour toute.
Ça s’échappe tour à tour dans la raideur des muscles gelés.
Un homme ne s’enfuit pas.
« Maman ! Maman ! J’ai mal ! J’ai mal ! », ceci est la seule chose entendue avant que la douce ritournelle de la folie ne s’empare de tout ce qui ne mourra pas cette nuit.
Un homme tremble quand les accalmies laissent place aux derniers soupirs.
Elles n’en ont plus pour longtemps les bouches ensanglantées qui crachent la boue saturée d’ypérite.
Ci-gisent les pathétiques pantins désarticulés sous la lueur d’une lampe à huile, sous le rythme d’une flamme qui danse comme la mort.
Un homme ne dort pas et cherche à se tuer.
Le matin vient chercher l’homme dans la tanière tombale, un rang de cadavres lui indique la provenance du pâle matin.
Un homme avance dans un village. On y exécute les gueules traitres.
Il envie ces jouets à bourreaux, il voudrait lui aussi devenir divertissant.
Et quand le spectacle se termine, que tout le monde applaudit et exprime sa joie; que le cauchemar est derrière, gavé de tout ce qu’il y avait de bon, lui meurt lentement; comme un homme.

Publié par monsieurweso

Poète et Artiste, je mène une pratique pluridisciplinaire depuis une quinzaine d'années et me passionne pour l'Histoire de l'Art depuis plus longtemps encore. Le dessin et l'écriture sont mes pratiques premières, mais la gravure est la discipline majeure de mon travail.

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