Allume Gaz

Pourrure et Désolations II, texte 4

Ding ! Dong ! Je viens tel le loup noir, hanter ton cou bas, réclamer le combat pour lequel je m’égare loin de tout.
10 pas clop clopclopclopclop. J’avance lentement dans l’effroi hitchcockien du basculement cosmique.
Je suis la bête furieuse qui jamais ne s’endort, venue des cauchemars fiévreux et je viens déranger le penseur de Rodin, perché sur sa grande porte, fouiller l’antre sans envie.
Je viens chercher ce qui m’appartient. Je viens reprendre le drapeau.
J’annonce le deuil réajusté; le renversement des chaînes. Sans chanter, sans faire un bruit, je peux tout détruire d’une simple volonté.
Je suis le gardien du froid et je tranche les tripes sans frôler l’épiderme.
Coucou c’est moi ! Le mercenaire qui cherche un flingue qu’il ne trouvera jamais, pendant que les cartouches s’enfuient en criant « Merde ! Merde ! Merde !».
Je suis la voix déchue qui murmure des mantras diaboliques contre les murs pour les changer en carton.
Attendre un peu et voir son écho s’élever, se façonner, épouser les possibles, se changer en lumière avant d’imploser.
Pas de coups de griffes, pas de sang versé ni de sueur. Le bourreau veut bien me laisser à présent, jouer avec la mécanique de la guillotine encore un peu.

Psychisme évacué au firmament des ossuaires.
Subconscient disparu pour cause de mise à jour.
Mains endolories par la grisaille de l’Ennui.
Déjections ingurgitées pour cause de grand nettoyage interstellaire.
Pieds foulant terre comme ils fouleraient Saturne.
Le « Pschiit » du four est doux comme une claque.

Publié par monsieurweso

Poète et Artiste, je mène une pratique pluridisciplinaire depuis une quinzaine d'années et me passionne pour l'Histoire de l'Art depuis plus longtemps encore. Le dessin et l'écriture sont mes pratiques premières, mais la gravure est la discipline majeure de mon travail.

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