Pourrure et Désolations II, texte 10
Extraction démonde.
Tapage dans les marais.
Chaos au bout des ondes.
Propulsées en cadavres.
Psychopulte avancée.
Tambours de fortune.
Brise, brûle et détruit.
La farandole cancer.
Crève à coups d’épines.
Creuse la tête réduite.
Mets-y une pierre.
Embrasse les pendus.
Avec une pelle de sang.
Huant, tuant, fanant.
Le long des fosses à traîtres.
Qui gaspillent leurs dents.
A mordre la puanteur.
Sabbat de larves grises.
Sur le vomi fumant.
Tartiné sur l’autel.
De la nef des fous.
Évacue ton égout.
Bouchées de mille têtes.
Qui traçaient dans le vide.
De belles images de mort.
Accouche dans ton être.
De démonde impartial
Qui nettoie de sa hache
La crasse virale des singes
Pour revenir aux mondes
Où les arbres sont prophètes.
Et où les torches éteintes.
Laissent place aux failles et gouffres.
La Grande gâcherie déraille.
Balance Munch dans son cri.
Et partout ça s’enfuit.
De la Pourrure immonde
Les monstres usuriers.
Réclament aux parasites.
50 années d’absence
Pour élever une tour
Dédiée aux déraisonnances
En fondation de boue noire
Soulève donc la poulie
Les crânes comme des briques
Babelocalypse immense
Eclipsera les abattoirs
Et derrière son écorce
Les manivelles atroces
Seront actionnées.
Par les chiens et les fous
Qui lanceront des bombes
Mâchouillant de rage la terre
Mort déployée et bouche d’enfer
Donnera comme l’Etoile
Une lumière bleutée
Apportant l’hiver final
Et tous voix de malheur
Et tous pieds enterrés
Et tous têtes expulsées
Et tous d’âmes noires
Et tous là à se mordre
Pour ériger enfin la Dite
Et nommer un Caron
Pour veiller le marais
Et danser à nouveau
Squelettes contre squelettes
Tous marqué de rouge
Par un burin vengeur
Tous proies des monstres
Qui sont sortis de mer
Pour tremper la terre
D’une vase empirique
Creuse le cercle, encore
Esprit de lourdeur
Dans ton troutrou secret
Riant, huant, rêvant
Pendant qu’en haut ça fête
La naissance des êtres
Qui ne régneront pas
Et seront anonymes
De toutes les batailles
Déversées sur les plaines
Aires de jeux tragiques
Vécues comme un art
Triomphant d’elles-mêmes
A chaque fois que doute
Le jugement qui aboie
Et aboyait sur Munch
Tous ont disparus
Ne laissant derrière eux
Qu’une petite odeur d’urée
L’être est immortel
S’il accepte la mort
Sans cartes, sans programmes
Sans donnée et sans fiches
Tandis que tous périssent
Cités après cités
Théorisant à l’infini
Débattant entre deux dents
Perdues dans la bouche du diable
Pensant que la Peste
Fait fit de la frontière
Et que l’humanité
N’est ni malade ni maladie
De toute leurs pulsions
Imbéciles et magnifiques
Microbes et bactéries
Petits virus et grands virus
Tout parasité du gustatif
Enluminés de merde
Enorgueillis de vides
Et violés par chaque oreille
Par les aboiements du dog
Ils sont de retour
Oui ! Oui ! Oui !
Il est de retour
Le monde revient
Et son soleil
Et sa beauté
Et sa cruauté
Et ses armures d’airain
Et ses passions véritables
Tout revient
Tout revient toujours
Simplement, entre deux cataclysmes
ça revient dans le calme
Sans prières ni désir
Jamais cela ne se perd
Jamais les arbres ne meurent vraiment
Jamais les choses ne finissent
Jamais les grandes choses ne s’étiolent
Car elles vivent dans les petites
Qui toujours sont en mouvement.
Veillant sur le feu
Qui rampe dans les nerfs.