Je n’ai plus de réseau social

Vous démarrez peut-être le début de ce blog, par la fin de quelque chose.

La nouvelle page de ce WordPress, doit démarrer par un aveu de culpabilité, quelque chose de grave, un peu inquiétant et qui peut rendre suspect les dernières personnes sur Terre dans ce cas de figure : Je n’ai pas de smartphone.

On m’a offert l’un des premiers proto-smartphone il y a une douzaine d’années, j’appréciais le fait de pouvoir être connecté à Facebook partout et être connecté tout court un peu partout; jusqu’à ce que l’appareil se casse.

J’ai trouvé alors l’objet complètement minable, pathétique, je me suis rendu compte à quel point cet objet était complètement médiocre; tout sophistiqué qu’il fut en terme d’ingénierie, de design et de modernité.

Mais face au Réel, il a sonné faux, dès lors que je me suis assis, l’oubliant dans ma poche arrière et que l’écran s’est broyé contre une table toute banale qu’elle fut, et qui attire peu l’intérêt comparé à un smartphone dernier cri, j’ai trouvé cet objet connecté complètement minable.

Ma déception fut fulgurante, déjà je senti très vite la nécessité de ne pas me laisser envahir et amollir par ce prétendu problème. sans raison, sans histoire, cet objet s’était broyé et s’était anéanti de lui-même dans le Réel. Comment un objet aussi nul a pu être conçu, fabriqué, vendu et utilisé ? Alors qu’il était parfaitement inadapté à la réalité.

A ce moment-là, j’ai profité d’une période sans téléphone portable pour parfois disparaître et profiter du fait d’être injoignable; jusqu’à ce que mon entourage me rappelle à l’ordre de manière inquiète et violente.

De nos jours, j’en suis resté à ce bon vieux téléphone à touche, ses sms, son système d’exploitation dépassé et je trouve encore des marques produisant des versions résistantes utilisée pour les chantiers.

C’est le téléphone portable qui m’a fait repenser la qualité que je recherche dans un objet moderne. J’aime les design « tactiques » et « agressifs », la couleur noire ou grise, le mat et le satiné, j’aime que les objets soient conçus pour résister à presque n’importe quoi, quitte à sacrifier la qualité technologique et numérique pour en préférer la qualité technique.

Comme tout les hommes, je suis un petit garçon et comme tout les petits garçons, j’aime Batman et les personnages de film d’action de Keanu Reeves.

Aussi, il aura fallu être confronté à cette casse, pour que je me mette enfin à questionner l’objet; chose que je ne parvenais pas avant.

Cela aura été aussi le moyen pour moi d’affirmer le fait qu’on puisse être une personne de son temps, en appréhendant les choses différemment qu’en disant « oui » à tout et en faisant ce qu’on est supposés faire et posséder les objets que nous sommes censés posséder. Tu le connais ce.tte galeriste/directeur.ice de structure culturelle, qui réclame à ses stagiaires et artistes de travailler sur Mac sans savoir pertinemment pourquoi ?

Toujours est-il que j’ai réglé ma question du téléphone, il y a fort longtemps. J’ai choisi de vivre sans smartphone. J’ai un PC, un appareil photo, une montre, un agenda, des carnets de note, je ne calcule pas mes pulsations cardiaques à chaque pas que j’effectue, je ne prends pas en photo ce que je mange et on arrive à ce point précis : Je ne publie pas de photos de moi et de mes proches en continu sur les réseaux sociaux; je ne capitalise pas ma personne.

Oui, n’ayant jamais pris le pli du smartphone, je n’ai ni Twitter/X, ni Instagram.

Mais je me suis accroché à Facebook pendant longtemps par ordinateur. Le passage quotidien sur le fil d’actualité, la surenchère de soutien de la connaissance qui troll d’autres personnes et que vous appréciez, le like de personnes qui comptent pour vous et dont les rédactions de statut servent à percevoir leur approbation et leur soutien moral, ce partage d’article de presse dont le titre va dans votre sens et dans celui de vos inquiétudes.

Vous la connaissez cette plateforme, sur laquelle vous aviez mis beaucoup d’espoir quand il était encore un outil pour lire et écrire ? Qu’il aurait permis au Printemps Arabe d’émerger et qui est devenu une poubelle, au fil d’actualité comateux, avec l’impossibilité de rédiger des articles et des fils de vidéos virales et courtes racolleuse ?

Un peu comme ses utilisateurs, cette plateforme s’est oubliée pour tenter de mieux se vendre, d’essayer d’arrêter d’être Facebook pour être aussi vendable que la concurrence, au lieu d’accepter d’être ce qu’elle est.

Je me suis souvenu pourquoi j’étais inscrit sur Facebook : C’était pour quitter myspace, msn et le blogging, afin d’être interconnecté avec des personnes que je connaissais vraiment et non plus des inconnus qui pouvaient avoir des intentions malveillantes. Parce que Facebook réunissait dans un endroit sécurisé (pour l’époque), plusieurs applications qui remettaient en question le blogging et msn, en étant toujours connecté aux autres et en discussion avec eux; faisant disparaître « bonjour » et « au revoir » par la même occasion. Comme une collocation virtuelle permanente sans chambres; juste des toilettes sans portes.

Oui, en son temps, le réseau social avait fait un bond en terme d’ergonomie, de partage et de contact. Mais après plusieurs années, l’usage lui-même des réseaux s’est usé, au point de se fragmenter à nouveau d’ailleurs. C’est même devenu une plaisanterie entre l’utilisateur se présentant sur Linkedin qui est un réseau social orienté monde du travail et instagram réservé aux loisirs et aux passions et X/Twitter réservé aux prises de bec politiques et morales.

A quoi cela sert de se fragmenter virtuellement ou bien s’isoler dans un réseau social mourant, au lieu de revenir à l’usage précédent, à savoir le blogging, qui permettait d’avantage de liberté ?

C’est là que j’ai crée ce WordPress pour montrer mon travail à n’importe qui et non plus uniquement sur Facebook, qui commençait à être déserté, mais en publiant ma production artistique dans un endroit bien à moi et pas sans contexte sur « insta » au milieu des assiettes, des bikinis et des danses mal éxécutées.

Et enfin, en ce Janvier 2024, j’ai quitté pour de bon Facebook et je me suis rappelé pourquoi je voulais avoir internet il y a 20 ans de cela : Pour publier sur un blog et discuter avec d’autres personnes ayant leur blogs. Avoir son île virtuelle et des voisins d’îles virtuelles. J’ai quitté la turne de Marc Zuckerberg pour essayer de me rappeler simplement ce que je fichais sur internet et pourquoi avais-je besoin d’une connexion internet. Si je devais aller sur un autre réseau social, si je devais céder à mon tour et capitaliser sur ma personnalité insupportable comme le font ou tentent de le faire n’importe quel quidam. Ne trouvant plus d’alternative valable, n’ayant de fait pas de smartphone, cela m’a permis d’avoir le temps de me rendre compte, que je ne voulais plus du tout de réseau social; quitte à être perdu de vue.

Avoir un compte sur un réseau social n’a plus aucun sens pour moi, car le contexte de prise de contact ne m’intéresse pas, car je n’ai pas de « came à vendre », quoi qu’on en pense, parce que le journalisme, ses tutologues, les éléments de langage et la réaction des gens, a fini par m’assomer et m’inciter à fuir.

Ce que j’ai toujours su, comme l’ont toujours su les personnes qui me connaissent bien, je ne parviens à faire que ce que j’aime faire (et je n’aime pas le travail, tirez-en vos conclusions) et en quittant Facebook, j’ai peut-être mis fin à un mauvais cycle sur internet, pour en ouvrir un nouveau où je vais de nouveau apprécier ce que j’y fais, en renouant avec que j’ai le plus aimé faire : Un blog.

Une publication gratuite, non limitée à quelques caractères, en dehors des biais de réactions médiocres, en prenant le temps de parler des choses, en tentant de le faire de la plus belle manière écrite que mes modestes moyens me le permettent, disponibles pour toutes et tous, ou alors pour ceux qui seront abonnés à la Newletter (ce qui reste gratuit) en avant première avant de le repasser tout public, ouvrir sur des discussions avec vous.

Ici s’ouvre une nouvelle ère où je vais compléter le reste des publications en ne parlant pas seulement de mon rapport au monde en tant que personne, mais aussi des autres, de l’entourage, des artistes, d’autres pratiques que je fais à côté de cette production plastique, mes goûts, mes sorties à des expositions (ce qui me motivera probablement à sortir d’avantage; d’autant libéré du temps passé sur Facebook dorénavant).

Tout cela pour dire que je n’ai plus de réseau social, je n’en ai pas besoin, comme je n’ai pas besoin de smartphone. Je m’en accuse, mais ne me repens pas; c’est ce que font les artistes.

Publié par monsieurweso

Poète et Artiste, je mène une pratique pluridisciplinaire depuis une quinzaine d'années et me passionne pour l'Histoire de l'Art depuis plus longtemps encore. Le dessin et l'écriture sont mes pratiques premières, mais la gravure est la discipline majeure de mon travail.

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