Mots d’ailleurs

Pourrure et Désolations II, texte 7

J’écris toujours que je suis contre
J’écris que je suis contre
Je l’écris en vers
Je suis contre en vers
Contre tout
Contre vers et entre tout
Tout vers du contre entrera à l’envers.
Tout entrera en tout et contre tout.
Contre tout ça n’entrera plus.
Ça n’entrera plus, je suis contre.
N’entreront que les mots en vers et contre.
N’entreront que les mots et leurs envers.
N’entreront que les mots qui sont contre et en vers.
Je ne laisserai entrer que les mots.
Seuls les mots pourront entrer.
Ils entreront par la langue et ailleurs.
Ils me la feront à l’envers.
Peut être même que je laisserai entrer des mots à mon encontre.
Mais contre tout sauf les mots, je saurai quoi entre.
Quoi entre envers et contre tout.
Quoi est déjà dedans contre toute attente.
Quoi est déjà le mot qui entre sans que je contre.
Quoi est entré dans la langue et ailleurs.
Parce qu’ailleurs c’est dedans, c’est un ailleurs à l’envers.
C’est un ailleurs tout contre moi, un ailleurs fait de vers.
Tout est vers dans cet ailleurs en moi, contre moi, à proximité.
Contre moi c’est ailleurs et c’est dedans et ce sont les mots.
Car seuls les mots peuvent entrer à présent dans mon ailleurs.
Ailleurs ne laisse entrer que les mots ; pas les images.
Non, les images n’entreront plus ; même les images des mots.
Il n’y a plus que les mots dans mon ailleurs et cet ailleurs est sans image.
Mon ailleurs est contre les images et ne laisse entrer que les mots.
Même les mots contre mon ailleurs peuvent entrer et peuvent venir à l’envers.
Car mon ailleurs est déjà un envers où les mots se rencontrent.
Ils se rencontrent en vers et contre tout ce qui ne vient pas d’ailleurs.
Et les mots d’ailleurs peuvent entrer et se blottir contre moi.
Mais ne viennent que les mots d’ailleurs, qu’ils entrent sans images.
Qu’ils entrent comme des mots et rien que des mots d’ailleurs.
Pour former l’envers d’ailleurs qui est entré dans mon contre ailleurs.
Et que les mots entrent pour briser mon contre ailleurs.
Que mon contre ailleurs se brise en mille morceaux de vers.
En fragments de milliers de mots venus d’ailleurs.
Pour cristalliser mon fort intérieur qui ne laisse entrer que les mots.
Qui ne laissent entrer que les mots envers et contre tout mal.
Que les mots d’ici et d’ailleurs contre mon mal.
Car mal est entré comme n’importe quel mot.
Et ailleurs est entré dans mon ailleurs.
Et ailleurs est en lutte envers mon contre ailleurs.
Mais mon contre ailleurs ne peut rien contre les mots.
Même les mots de mon contre ailleurs n’ont pas de prise sur mes mots.
Car les mots ne laissent pas entrer le contre ailleurs.
Il n’y a pas de place pour le contre ailleurs chez les mots.
Les mots ne font de place que pour l’ailleurs.
Les mots sont venus d’ailleurs et retourneront ailleurs.

Publié par monsieurweso

Poète et Artiste, je mène une pratique pluridisciplinaire depuis une quinzaine d'années et me passionne pour l'Histoire de l'Art depuis plus longtemps encore. Le dessin et l'écriture sont mes pratiques premières, mais la gravure est la discipline majeure de mon travail.

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