Aucune nouvelle

Enfant perdu,

Présumé spectral,

Porté disparu,

Comme annoncé,

Le Déserteur n’apparaît plus

Il se dit qu’il a abanbonné le monde

Il a dégagé,

N’apparaît plus dans le « game »

Rien n’est plus faux que la voix des Palantyr

Pour moi, le monde entier a dégagé quand je suis parti

Quand tu fermes la porte, c’est le monde qui te quitte

Il est déjà en chute libre, hurlant dans le cosmos

Mais il n’y a pas de Dieu jongleur, pour le rattraper

Et le relancer, et poser ses yeux inquiets sur lui

Non, il a dégagé, il a dégagé le monde

Dans le Vide expiré de son Dieu mort

Petite pichenette espiègle du fond de la Nef

On entend brailler, mais on ne voit pas la cale

Dé pipé de la loose, RNG aux fraises

Reine de pique au verso de la reine de pique

Aucun volontaire pour lancer la bouet

D’aucun dirait de couper la corde,

On prend d’avantage soin de la hache.

Mais on est dedans, ça déserte en dedans.

Il est possible d’envisager un Vide en dedans.

Avec son petit programme,

Détaillé dans le magazine

Et ses interruptions de programme

Et on reprend le programme

Et revoici le Vide, en haute définition

Bruyant, lourd, laid, le Vide en dedans

Qui s’étale, se répand, se publie, se copie et s’étend

Tu claques des doigts et l’écho te renvoit à ta nullité,

Amplifié par ta nullité ayant rebondie sur celle de tes semblables

Puis, on te remet une note et on rédige une critique

Je pourrais te parler du Vide pendant des heures

Epiloguer comme dans un blog désertés des lecteurs

Ce vide en dedans où il n’y a plus rien de valable à peindre

Plus aucune scène senefiante

Plus aucun désir inspirant

Plus aucun corps qui n’a pas été exhibé,

Estimé, tarifé, noté, critiqué, exploité, retapé, mangé et recraché, recyclé, tiers-listé,

C’est pour cela que les poêtes désertent,

Tournent en rond comme des fous,

Regardent par terre pour mieux lire le monde,

Tout en crevant la gueule ouverte

Entre les crachats, sous la lumière des devantures

Même cette lumière est fausse

Comme celle de ce panneau publicitaire

Qui encombre le passage

ça encombre, le Vide encombre

C’est envahissant et ça encombre

Comme ces incohérences qu’on t’impose

ça encombre

Et tout est faux

Tout est faux

Tout est faux

Quand sauras-tu que tout est faux ?

Tout est faux

Tout est faux

Tout est faux

Quand verras-tu que tout est faux ?

Tout est faux !

Tout-est-faux !

Il n’y a rien de valable.

Cela occupe, engage des discussions

Pour lesquelles je n’ai aucun intérêt

Et qui convoquent le désistement systématique

Parce que tout est faux

Je m’assois, une oreille se perd dans le Vide

J’entends l’autre s’exprimer

L’autre qui a quelque chose à dire

Et il n’y a rien et c’est nul

Alors, ça dégage !

Publié par monsieurweso

Poète et Artiste, je mène une pratique pluridisciplinaire depuis une quinzaine d'années et me passionne pour l'Histoire de l'Art depuis plus longtemps encore. Le dessin et l'écriture sont mes pratiques premières, mais la gravure est la discipline majeure de mon travail.

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