Vie et mort des couleurs

Les couleurs ne se perçoivent pas seulement.

Lorsque l’on sait d’où elles naissent, on peut les sentir comme le feu.

A travers la lumière renvoyée par des yeux outre-noirs.

C’est comme cela que je fus figé, changé en prisme miroitant.

Fugace effet comme passent le temps et les faits; j’en fus renversé comme du verre fondant.

Je verse à présent tout ce qui fut responsable de mon foudroiement, dans le gouffre et j’oublie.

Je regarde les choses tomber, sous un froid éclatant, voyageant depuis un lointain hiver; le dernier et il viendra.

Je te dissimule comme les chauve-souris hivernantes, dissimulent les polychromies sans âge, crachées sur les parois.

Je te craque comme un bâton lumineux qui s’éteindra au fond, sur le tas des autres bâtons qui furent un jour lumineux.

Un dieu enseveli, à jamais, dort face contre terre, en cité de vers grouillant.

Comme moi, le long de mes os, laisses-tu les couleurs mourir ?

Je laisse les couleurs naître.

Je laisse les couleurs mourir.

Toujours vêtu de noir.

Exaltant déboires vécus.

Publié par monsieurweso

Poète et Artiste, je mène une pratique pluridisciplinaire depuis une quinzaine d'années et me passionne pour l'Histoire de l'Art depuis plus longtemps encore. Le dessin et l'écriture sont mes pratiques premières, mais la gravure est la discipline majeure de mon travail.

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